Le genre au premier plan des systèmes national de suivi des forêts

Updated: Oct 19


(©FAO/Anne Branthomme)


Les femmes et les hommes ont souvent des rôles, des responsabilités et des priorités différentes dans leur utilisation, leur connaissance et leur expérience des forêts. Cette connaissance peut constituer des apports essentiels aux politiques et aux interventions in situ qui garantiront la réussite à long terme de REDD+ et d’autres mesures de lutte contre la déforestation sur le terrain. Néanmoins, les inégalités sociales, économiques et culturelles et les barrières juridiques donnent souvent lieu à l’exclusion des femmes d’une participation équitable et substantielle à ces activités. En particulier, dans le domaine du suivi national des forêts, les femmes peuvent souvent être exclues ou reléguées à des rôles mineurs, bien que les systèmes de SNF soient plus solides et pertinents avec leur apport, les femmes étant en outre largement affectées par la perte des forêts et le changement climatique. Par exemple, en mobilisant les femmes dans des activités comme les inventaires et les études socio-économiques des forêts, les systèmes national de suivi des forêts seront plus exacts et exhaustifs pour refléter l’ensemble de la biodiversité forestière et de l’utilisation des produits et la contribution des forêts aux moyens d’existence locaux. Saisir la connaissance et l’expérience des forêts différenciées des femmes permet à la planification et la prise de décisions relatives aux forêts de refléter leurs priorités uniques.

Il est ainsi crucial que le genre soit pris en compte pour garantir la considération adaptée de la connaissance et des préoccupations des femmes et des hommes dans toutes les interventions du secteur forestier. C’est précisément pour cette raison que le programme ONU-REDD enjoint à une prise en compte significative et équitable des visions, expériences et priorités des hommes comme des femmes dans toutes les interventions REDD+ dans le secteur forestier, y compris le suivi national des forêts.

Des dispositions relatives au genre ont aussi été articulées dans les décisions de plusieurs conférences sur le changement climatique. Lors de la récente 25e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP 25), un nouveau Plan d’action pour l’égalité des sexes (GAP, en anglais) de 5 ans a été adopté, s’appuyant sur le premier GAP, qui souligne le besoin d’une mise en œuvre et d’une mise à l’échelle renforcées des solutions climatiques sensibles au genre. L’adoption du GAP est très opportune, étant donné que plus de 40% des contributions prévues déterminées au niveau national des pays contiennent des questions liées au genre (FAO, 2016).


Pour les pays qui reconnaissent le rôle des forêts pour la réalisation des objectifs des CDN, le suivi des forêts devient un élément essentiel. L’information relative aux zones forestières et aux changements de la couverture forestière est non seulement une base pour l’apport de données aux inventaires nationaux de gaz à effet de serre, à l’élaboration des niveaux (d'émission) de référence pour les forêts (NERF/NRF), aux résultats REDD+ et à la notification des CDN, mais elle peut également appuyer les efforts nationaux d’amélioration de la gestion et la conservation des forêts.

En 2017, les directives volontaires sur le suivi national des forêts ont été publiées, soulignant les principes, les éléments et les bonnes pratiques pour l’établissement et la mise en œuvre d’un système national de suivi des forêts (SNSF) durable et polyvalent. Les directives volontaires mettent l’accent sur le rôle important de la prise en compte des questions de genre dans le suivi des forêts, fournissant une liste utile de points d’entrée potentiels pour les mesures sensibles au genre, notamment par le dialogue avec les ministères nationaux responsables des questions de genre, les organisations de la société civile et de femmes; la collecte de données relatives à l’utilisation des forêts désagrégées par sexe; et l’accent mis sur le besoin d’équilibre de genre dans le recrutement pour les postes de techniciens et gestionnaires.


Un SNSF pleinement fonctionnel qui intègre une approche sensible au genre permettra aux pays de répondre à leurs propres besoins de données forestières nationales polyvalentes, tout en assurant la saisie des perspectives et des connaissances des femmes et des hommes qui dépendent de ces forêts pour leurs moyens d’existence. Ceci aidera également les pays à répondre aux nouvelles exigences de transparence au titre de l’Accord de Paris (voir article corrélatif, ici). En ce sens, l’Initiative de renforcement des capacités en matière de transparence (CBIT, en anglais) a été établie par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) dans le but de renforcer les capacités des pays pour la mise en œuvre du cadre de transparence renforcé. La FAO a récemment lancé un nouveau projet mondial «Renforcer les capacités mondiales pour accroître la transparence dans le secteur forestier (CBIT-Forest)» afin de renforcer les capacités dans la collecte, l’analyse et la diffusion des données relatives aux forêts pour réaliser ces exigences. L’égalité de genre est l’un des principes centraux de ce projet. Durant la phase préparatoire du projet, les perspectives des hommes et des femmes en ont informé la conception.

Apprenant des mesures forestières inclusives en termes de genre appuyées par diverses initiatives, y compris le programme ONU-REDD, l’équipe CBIT-Forest continuera à garantir la prise en compte du genre dans les efforts pour la mise en œuvre du projet et la planification du travail. Les indicateurs clés de genre, définis dans la planification du projet, comme le nombre d’hommes et de femmes bénéficiaires des activités de renforcement des capacités, ainsi que l’utilisation cohérente d’une liste de vérification pour des ateliers prenant en compte le genre garantiront la position de premier plan du genre dans les activités de renforcement des capacités nationales et régionales du projet. L’importance du genre se verra en outre reflétée dans une étude de cas des activités relatives à la transparence réussies axées sur le genre, et l’intégration de messages clés portant sur le genre dans les matériels de vulgarisation et de formation (par ex. cours électronique).

Auteurs:


Rocío D. Cóndor-Golec

MRV/ETF expert

REDD+/NFM cluster

Forestry Department, FAO

rocio.condor@fao.org











Amanda Bradley

Gender expert

REDD+/NFM cluster

Forestry Department, FAO

amanda.bradley@fao.org

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