Features & Commentary

La Conférence d’Oslo sur le climat et la forêt : un accord de partenariat REDD+, au-delà des partenaires étatiques.

Dans le bulletin du mois dernier, Pacifique Mukumba Isumbisho, représentant de la société civile auprès du Conseil d’orientation du Programme ONU-REDD, exprimait le vœu que les droits des communautés dépendant de la forêt demeurent au sommet des priorités du processus d’Oslo.

Ce mois-ci, Pacifique Mukumba Isumbisho revient sur le bilan de la conférence et affirme que l’établissement d’un cadre organisationnel transparent ne peut se faire sans un suivi de l’engagement et de la participation équitable des parties prenantes.

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La conférence d’Oslo sur le climat a insufflé, le 27 mai, un nouvel élan au partenariat pour la réduction des émissions résultant de la déforestation et de la dégradation des forêts. 50 Etats ont conclu un accord qui décrit l’intention de leurs gouvernements de mettre sur pied une plateforme en vue d’intensifier des actions sur la REDD+. L’accord souligne entre autres l’inclusion des parties prenantes et l’établissement d’un cadre organisationnel.
Les pays africains pilotes à la REDD+ font partie de ce partenariat dans le cadre d’ONU REDD et FCPF. Il s’agit de la RD Congo, de la Zambie et de la Tanzanie. Un suivi permanent s’impose dans le parcours pour rassurer les parties prenantes bien que les négociations sur la REDD+ se poursuivent dans le cadre de CCNUCC.

Théoriquement les communautés locales, peuples autochtones et la société civile sont  parties prenantes au processus depuis que ces pays africains pilotes se sont engagés aux négociations sur les changements climatiques. Lors des échanges dans le cadre d’ONU-REDD et FCPF, ces gouvernements confirment toujours la participation effective de toutes les parties prenantes dans les préparations de différents documents à soumettre.

Un pygmée du district de l'Ituri, dans la Province Orientale, République Démocratique du Congo.

Certains observateurs pensent que les efforts fournis par ces gouvernements pour la participation de cette catégorie de parties prenantes pourraient être renforcés davantage. Selon eux, les grandes superficies de certains pays, les stratégies utilisées dans la consultation, les moyens matériels et financiers limités réduisent parfois les chances de la participation effective d’une majeure partie des peuples autochtones et autres communautés au processus REDD.

Il ne serait pas probablement question de recevoir les avis et le consentement de ces communautés locales et autochtones. Tout porte à croire qu’elles  seraient moins informées et consultées ou pas, que pour avaliser les avis d’autres parties prenantes au processus. Ces autres parties sont le gouvernement, le secteur privé, les partenaires bilatéraux et bailleurs.

De l’inclusion des parties prenantes
Pour d’aucuns, l’inclusion des communautés et de la société civile dans le partenariat REDD+  devrait tenir compte de leur participation équitable, du droit égal des recours sur les violations des droits humains subies pendant le parcours au processus REDD. Le processus légal de conversion des anciens titres forestiers était, par exemple, en cours en RD Congo, mais les communautés n’y avaient pas le droit de recours alors qu’une autre partie prenante (le secteur privé) l’avait. Il est impératif que les initiatives prises dans le cadre du partenariat  REDD+ se préoccupent de la promotion des droits humains.

De la mise en place d’un cadre organisationnel

Un pygmée d'Eringeti, Beni, Nord Kivu, dans République Démocratique du Congo.
Un cadre organisationnel transparent international et décentralisé au niveau national pour la mise en œuvre de ces accords sur le partenariat RDD+ devrait être établi. Les bases des données devraient être accessibles au public et les financements accordés.  Les actions et les résultats obtenus par les partenaires devraient être largement publiés. Les partenaires devraient rendre compte aux parties, informer et partager les actions et les résultats obtenus avec les communautés. La société civile devrait partir du cadre organisationnel pour le suivi et la surveillance du processus du partenariat REDD+. La question ici est de savoir comment elle pourait mener ces activités sans ressources nécessaires.

Le partenariat REDD+ augure des possibilités réelles pour assurer la protection durable des forêts. Il buterait sur des difficultés sans un suivi rigoureux de l’inclusion et de la participation équitable des parties prenantes et sans la transparence dans le cadre organisationnel.

Pacifique Mukumba Isumbisho

Pacifique Mukumba Isumbisho est le directeur exécutif du Centre d’Accompagnement des Autochtones Pygmees et Minoritaires Vulnerables “CAMV” en République démocratique du Congo et répresentant de la société civile Africaine dans le conseil d’orientation ONU-REDD.   
www.camv-pygmee.org

 

 

In this issue

News

UN-REDD at the Bonn Climate Change Talks

Monitoring Governance Safeguards for REDD+

MRV Workshop in Mexico

UN-REDD at World Environment Day

UN-REDD Indonesia website launch
Features & Commentary

Supporting REDD+ Readiness in UN-REDD Partner Countries By: Josep Gari & Tim Boyle

The Oslo Forest and Climate Conference: A REDD+ partnership agreement beyond state partners By: Pacifique Mukumba Isumbisho
Reports & Analysis

UN-REDD Supports National Governance Systems for REDD+

Expert Report on REDD+ and Rights of Indigenous Peoples
Looking ahead

Measurement‚ Reporting and Verification (MRV) Joint Workshop with UN-REDD‚ GEO & CONAFOR
22 -24 June 2010‚ Guadalajara‚ Jalisco‚ Mexico

18th Commonwealth Forestry Conference
28 June - 2 July 2010‚ Edinburgh‚ Scotland
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