Features & Commentary

La République Démocratique du Congo Maintient le Cap… et le Rythme

Avec près de 9M$ supplémentaires pour la REDD+, le Conseiller Technique Principal REDD en RDC, Fabien Monteils, revient sur quelques axes prioritaires pour faire avancer la préparation du pays

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Tout juste rentrée de Nairobi et de la Lopé, où elle a défendu son plan national de préparation devant le Conseil de Direction du Programme ONU-REDD et le Comité des Participants du Forest Carbon Partnership Facility, la RDC s’est déjà remise à pied d’œuvre. Forte des deux accords de financement complémentaire pour un total de 8,9M$, encouragée par la reconnaissance et les félicitations de ses pairs qui ont salué un travail « impressionnant », l’équipe nationale REDD et la société civile congolaise poursuivent leurs travaux REDD avec un chantier prioritaire : les projets pilotes intégrés.

En RDC, de nombreux projets « auto-baptisés REDD » ont été lancés ces dernières années, notamment par des ONG internationales. Au regard du périmètre de la REDD+ en RDC, de nombreuses initiatives engagées par différents Ministères, par des entreprises privées, par les partenaires techniques et financiers internationaux ou encore la société civile nationale participent aussi, souvent sans le savoir, à l’expérimentation d’options REDD+. Pour le processus national REDD, il est devenu urgent de coordonner ces différentes initiatives afin d’exploiter au mieux leurs enseignements dans le but d’élaborer une stratégie REDD+ nationale la plus robuste, riche et opérationnelle possible. Qu’il s’agisse des efforts de redressement communautaire engagés par le PNUD, des projets de microfinance agricole portés par les Suédois, des ateliers de sensibilisation de la société civile, de production de briquettes par l’ICCN (Institut Congolais pour la Conservation de la Nature, de fours améliorés par le World Wildlife Fund ou encore de mesure et de la mise en vente de crédits carbones par Conservation International, toutes ces initiatives ont un point commun : elles portent en elles le potentiel de contribuer de manière sectorielle à la réduction des émissions de gaz à effet de serre liées à la déforestation et la dégradation de la forêt. Aussi, le Ministère de l’Environnement (MECNT) à travers la Coordination Nationale REDD travaille à ce que l’ensemble de ces initiatives s’organise, se coordonne et livre des enseignements qualitatifs et quantitatifs clés qui formeront le socle de la planification stratégique de la REDD. Cette dynamique démarrée en décembre 2009 se poursuivra au cours des prochains mois, et une certaine normalisation du pilotage de ces initiatives sectorielles sera construite de manière concertée avec l’ensemble des parties prenantes.

Au-delà de la nécessité de sécuriser l’analyse et l’exploitation de l’existant, le MECNT a aussi souhaité prendre l’initiative en expérimentant des approches intégrées ou systémiques via la Coordination Nationale REDD. Il s’agit, dans un espace donné allant de 1 à 8 millions d’hectares, de tester les différentes options sectorielles ou habilitantes de la REDD+ non pas de manière individuelle, mais collective. Ainsi, fin janvier, une mission organisée par la société civile à Mambasa, dans l’Ituri, a permis de visualiser sur le terrain les modalités pratiques de ces approches intégrées : Sur la base de consultations exhaustives, les parties prenantes du territoire appuyées par la société civile, la commission environnement du parlement, les représentants du gouvernement provincial et la Coordination Nationale REDD ont élaboré un premier diagnostic des causes de la déforestation dans leur territoire, et identifié les pistes de travail pour la REDD+ : entre les activités habilitantes (sécurisation foncière, renforcement de l’application de la loi, aménagement du territoire, amélioration de la gouvernance…) et les activités sectorielles (appui à la sédentarisation agricole, reboisement, services aux petites entreprises, organisation de l’activité minière…), un plan d’action complet a été élaboré avec la contribution et l’engagement de multiples partenaires. Et l’expérience s’est reproduite dans différents endroits de la RDC… Fin février, le Ministre en personne endossait six notes conceptuelles de projets REDD+ intégrés, qui étaient ainsi finalisées et présentées au Congo Basin Forest Fund (CBFF). Après un premier avis positif du fonds géré par la Banque Africaine de Développement et financé par les Norvégiens et les Britanniques, les documents de projet  ont été développés et remis au CBFF début avril.

Ce chantier prioritaire du processus REDD en RDC revêt naturellement un enjeu financier. Les six projets pilotes devraient ainsi permettre d’injecter environ 20M$ dans le pays pour tester non seulement des options opérationnelles REDD+, mais aussi et surtout le potentiel de synergies et d’effets de levier entre ces options pour évaluer et planifier au mieux la stratégie nationale. Mais au-delà de la démarche opérationnelle, il s’agit une fois de plus d’alimenter la dynamique politique dans un pays qui va au devant d’élections nationales l’année prochaine. Le partenariat avec la société civile, le renforcement des capacités opérationnelles, le dialogue qui s’instaure progressivement avec le secteur privé, la mobilisation des administrations locales autour d’un programme national de grande ampleur sont autant de co-bénéfices substantiels associés à ces projets pilotes. Une nouvelle fois, la reconnaissance de la communauté internationale et sa capacité à répondre, de manière rapide et cohérente avec ses engagements de l’Accord de Copenhague, aux attentes et aux initiatives innovantes et ambitieuses portées par la RDC seront décisives pour entretenir la dynamique nationale. Le Programme ONU-REDD a été le premier à donner un premier signal fort le 19 mars à Nairobi, suivi par le FCPF la semaine suivante à la Lopé, et maintenant par le CBFF qui accompagne la finalisation et le financement des premiers projets pilotes intégrés. Nul doute que quand la RDC avance en matière de REDD, c’est toute la REDD qui avance dans le Bassin du Congo et sur l’agenda de la communauté internationale.

Fabien Monteils est employé du Programme des Nations-Unies pour le Développement, ConseillerTechnique Principal pour le programme UN-REDD en République Démocratique du Congo et détaché au sein de la Coordination Nationale REDD du Ministère de l'Environement, de la Conservation de la Nature et du Tourisme.

In this issue

News

Bolivia, DRC and Zambia Secure Critical Funding for their REDD+ Readiness

REDD+ Country Progress… In Their Own Words

FAO Publishes its Latest Global Forest Resources Assessment (FRA 2010) and Calls for Early Action on REDD+
Features & Commentary

Forest Area Statistics Don’t tell Everything By: Petteri Vuorinen

UN-REDD National Programmes: Where to begin? By: Chris Cosslett

The Democratic Republic of the Congo Holds its Course… and its Pace By: Fabien Monteils
Reports & Analysis

Applying FPIC in Viet Nam

REDD+ at the Africa Carbon Forum

IPCC Experts Meeting

The UN-REDD Programme 2009 Year in Review Report
Looking ahead

9th session of the UN Permanent Forum on Indigenous Issues
19-30 April 2010: UN Headquarters in New York

World People’s Conference on Climate Change and the Rights of Mother Earth
19-22 April 2010: Cochabamba, Bolivia

UNFCCC Expert Meeting on Capacity Building for REDD
26-27 April 2010, Bonn, Germany

UN-REDD Workshop: Identifying and Promoting Ecosystem Co-Benefits from REDD+, Organised by UNEP-WCMC
27-29 April 2010, Cambridge, UK

Olso Meeting on Interim REDD+ Arrangement
27 May 2010, Oslo, Norway
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